La gestion des excreta, un outil dans la lutte contre la Bactério-résistance

12/01/21

La résistance croissante des bactéries aux antibiotiques est devenue un enjeu majeur de santé publique faisant craindre des impasses thérapeutiques

L’OMS a même déclaré que « la résistance aux antimicrobiens est l’une des 10 principales menaces mondiales pour la santé publique auxquelles l’humanité est confrontée ».


A l’échelle mondiale, les résistances microbiennes seraient responsables de 700 000 morts par an. Si rien ne change, les maladies infectieuses d’origines bactériennes pourraient redevenir en 2050, une des premières causes de mortalité dans le monde, en provoquant jusqu’à 10 millions de décès. (1)


Sur ce sujet, un fond mondial d’action sur la résistance aux Antibiotique (The AMR Action Fund Antimicrobiam resistance) a spécialement été créé par l’IFPMA , (la Fédération Internationale des entreprises et association Pharmaceutique représentant la R&D des plusieurs gros laboratoires pharmaceutiques mondiaux ) et a réussi à lever 1 milliards de dollars au cours de l’été 2020 pour la recherche clinique sur le sujet.


Ce même organisme apporte déjà son support à des entreprises de biotechnologies pour qu’elles trouvent de nouveau antibiotiques pour les patients. En, effet le problème majeur est que à date aucune réponse viable sur le marché n’a été trouvée par les grands laboratoires, c’est pourquoi l’approche et la vision différenciante des biotechnologies, plus agile, peut peut-être permettre de trouver des réponses, l’objectif étant de pouvoir amener sur le marché 2 à 4 nouvel antibiotique d’ici à 2030

Et en attendant…

Dans ce contexte, la maîtrise de la diffusion des BMR (Bactéries multi-résistantes), comme Staphylococcus aureus résistant à la méticilline, les entérobactéries productrices de bêtalactamases à spectre étendu et Acinetobacter baumannii multirésistant et des bactéries hautement résistantes aux antibiotiques émergentes (BHRe), comme les entérocoques résistants aux glycopeptides et les entérobactéries productrices de carbapénémases, est basée sur une double stratégie de réduction de la prescription des antibiotiques pour limiter la pression de sélection et de prévention de la diffusion à partir des patients identifiés porteurs. (2)

La stratégie de prévention repose sur trois niveaux différents selon la situation dont le socle est l’application systématique des précautions standard pour tout patient avec une attention particulière sur la gestion des excreta, des précautions complémentaires pour les patients porteurs de BMR et des précautions spécifiques pour les patients porteurs BHRe.(2)

En effet, bien que la principale source d’agents pathogènes nosocomiaux soit probablement la flore endogène du patient, on estime que 20% à 40% des IAS ont été attribuées à une infection croisée par les mains du personnel de santé, qui ont été contaminés par contact direct avec le patient ou indirectement par toucher des surfaces environnementales contaminées. De nombreuses études suggèrent fortement que la contamination environnementale joue un rôle important dans la transmission de Staphylococcus aureus résistant à la méthicilline et d’Enterococcus spp. Résistant à la vancomycine. Plus récemment, des preuves suggèrent que la contamination environnementale joue également un rôle dans la transmission nosocomiale du norovirus, de Clostridium difficile et d’Acinetobacter spp.


Les 3 agents pathogènes survivent pendant de longues périodes dans l’environnement, et les infections ont été associées à une contamination de surface fréquente dans les chambres d’hôpital et les mains des agents de santé. Dans certains cas, l’étendue de la transmission de patient à patient s’est avérée directement proportionnelle au niveau de contamination de l’environnement. (3 & 4 )

Les précautions d’hygiène standard (PS) constituent le premier et parfois le seul rempart contre la diffusion des microorganismes. Leur application rigoureuse pour tout patient, quel que soit le lieu de prise en charge, est d’une importance capitale pour la maîtrise de la diffusion de la résistance. Les PS permettent de limiter la transmission croisée, d’assurer une protection systématique des autres patients, des personnels de santé et de l’environnement du soin, ils sont complétés par le protocoles spécifiques pour tout patient porteur ou infecté par une bactérie multirésistante aux antibiotiques entrant ou séjournant dans une structure de soins.

Ces protocoles sont propres à chaque établissement mais bâtis à partir des recommandations des organismes compétents et une attention particulière doit être portée à leur enseignement et diffusion


Dans ce cadre, l’utilisation du bon matériel pour la gestion des excreta et de l’hygiène des patients dépendants afin de prévenir le risque infectieux lié aux transmissions croisées (interhumaine, matériel, environnement du patient) est clé


En effet, Les excreta (vomissements, urine, selles) sont un réservoir de micro-organismes susceptibles d’entrainer des infections et avec une capacité de dissémination très élevée :



  • Excrétion fécale : 107 à 109 bactéries/g de selles

  • Excrétion urinaire : 108 à 109 E. coli BLSE/jour en cas d’infection urinaire

  • Excrétion par vomissement : 107 norovirus par jet de 20-30 ml (gastro-entérites).

Les sacs de recueil pour excreta (Sac Vomitoire, Urinal, Protège Bassin, Protège Seau de chaise percée) sont un moyen d’éviter le contact des excreta avec toute surface ou personne et permettent un confinement rapide et élimination en toute sécurité.

C’est pourquoi cette solution est d’ores et déjà utilisée par des milliers d’hôpitaux dans le monde et recommandée par différentes autorités d’hygiène hospitalières.

Les sources :

(1)https://www.pasteur-lille.fr/actualites/dossier-du-mois/les-medicaments/les-medicamentscontrer-resistance-antibiotiques-defi-scientifique/


(2) Bactéries multi- et hautement résistantes aux antibiotiques : stratégies et enjeux – 15/02/14 [90-05-0075]  – Doi : 10.1016/S2211-9698(13)64146-1 D. Lepelletier a, b, ⁎ , P. Berthelot c, d, S. Fournier e, V. Jarlier e, f, B. Grandbastien g


(3) The Role Played by Contaminated Surfaces in the Transmission of Nosocomial Pathogens • Author(s): Jonathan A. Otter, Saber Yezli, Gary L. French Source: Infection Control and Hospital Epidemiology, Vol. 32, No. 7 (July 2011), pp. 687-699 Published by: The University of Chicago Press on behalf of The Society for Healthcare Epidemiology of America


(4) Reduction of Clostridium Difficile and vancomycin-resistant Enterococcus contamination of environmental surfaces after an intervention to improve cleaning methods, 2007 Jun 21;7:61 doi: 10.1186/1471-2334-7-61.Brittany C Eckstein  1 , Daniel A Adams, Elizabeth C Eckstein, Agam Rao, Ajay K Sethi, Gopala K Yadavalli, Curtis J Donskey