Hygiène du Patient Alité et Risque Infectieux

22/05/20

La toilette au lit des patients dépendants peut être une source de contamination pour les patients comme pour les soignants.

En effet, la bassine et l’eau sont des sources importantes de contamination bactérienne et on constate que 62% à 98% des bassines de toilettes sont contaminées(1).


Cela constitue un facteur de risques en particulier pour les patients fragiles ou immuno-déprimés. Par ailleurs, la friction mécanique causée par la toilette dépose la flore cutanée dans la bassine (2).  Aussi on peut détecter de nombreux germes de SARM, d’Acinetobacter, de Pseudomonas., d’E. Coli ainsi que d’autres pathogènes dans l’eau de la  toilette, mais aussi dans l’environnement (mains gantées des infirmières, objets manipulés, serviettes…).(1)


Par ailleurs, l’eau du robinet serait aussi responsable d’infections nosocomiales d’origine hydrique.(3)

C’est aussi via les excreta, auxquels sont exposés les soignant lors de la toilette et lors du change de la protection souillée que le risque de contamination existe pour les soignants

L’analyse de risque montre que l’exposition peut se faire par la contamination des mains ou de la tenue professionnelle.(6), en particulier en cas d’interruption de tache (7)

En effet, dans 57,8 % des cas lors des toilettes, et dans 50 %  des cas au cours des changes de protections, l’interruption de soins n’est pas accompagnée d’un retrait des gants.

Ainsi une étude a montré que 23 à 65 % des professionnels de santé avaient eu des incidents d’exposition aux éclaboussures (8)

La toilette au lit par friction avec eau et savon peut également présenter de multiples menaces pour l’intégrité de la peau du patient.(4)

Avec l’âge, la peau a tendance à s’atrophier, se dessécher, elle est moins souple et moins ferme (effet parchemin). La toilette traditionnelle peut alors être trop agressive, en particulier au niveau de certaines zones et peut aller jusque provoquer des déchirures .(5)

La toilette sans rinçage au gant à usage unique réduit les risques de contamination et est adaptée aux patients les plus fragiles

Le Gants de toilette pré humidifié sans rinçage permet d’effectuer la toilette des patients dépendants, rapidement et sans recours aux accessoires habituels (bassine, broc…).


La matière qui compose le gant doit répondre aux exigences les plus élevées (non-tissé épais et ultra-doux, lotion agréable et hypoallergénique)


Un revêtement plastique interne permet d’ajouter une double protection, notamment en cas d’interruption de tache et de maitriser le risque infectieux.


Après utilisation le Gant de toilette, doit être jeté dans les déchets ménagers, ou selon le protocole en vigueur.


Act for care

Il a été prouvé que la toilette sans rinçage à usage unique permet de réduire les infections.

Un poster présenté à l’APIC* 2010 a montré qu’en supprimant les bassines et en remplaçant la toilette traditionnelle au lit par la toilette sans rinçage, le taux d’infections urinaires associées au sondage vésical a chuté de 78% en 6 mois. (Stone S, et al., Removal of bath basins to reduce catheter-associated urinary tract infections. Poster presented at APIC 2010, New Orleans, LA, July 2010. APIC : Association for Professionals in Infection Control and  Epidemiology ,USA).


 

Au-delà de l’objectif primaire, qui est de réduire le risque de propagation d’infection, il y a en plus un certain attrait pour l’utilisation de gants à usage unique.

Une étude a pu montrer la préférence à la fois soignant et patient pour cette méthode de toilette (10).

Toilette sans rinçage à usage unique Toilette traditionnelle (bassine+eau…) Égal
Préférences des patients pour la méthode de toilette (51 patients interrogés) 24 (47%) 11 (22%) 16 (31%)
Préférences des soignants pour la méthode de toilette (54 soignants interrogés)
47 (87%) 6 (11%) 1 (2%)

Par ailleurs, la pratique de la toilette à usage unique permet de réduire le temps de soin de 20% (10), tout en maitrisant les couts de 5% (11).

Toilette sans rinçage à usage unique Toilette traditionnelle (bassine+eau…)
Préparation 4 min. 5 min.
Toilette patient 21 min. 26 min.
Nettoyage post-toilette 4 min. 5 min.
Total 29 min. 36 min.
Résultat 20% de temps gagné

Une autre étude a montré que les coûts moyens de toilette au lit pendant 6 semaines par résident ont été estimés à 218€ dans le groupe expérimental (Toilette sans rinçage usage unique) et à 232€  dans le groupe témoin (Toilette traditionnelle : bassine + eau…).
Résultat : économie 5% / coûts

Aussi, la toilette sans rinçage à usage unique peut être considéré comme la solution la plus efficace dans la prévention du risque infectieux (11).

Vous pouvez retrouver ici la gamme de gants de toilette et gants shampoing à usage unique Dr.helewa.

 

Sources (extraits et adaptations) :


  1. American Journal of Infection Control xxx (2011) 1-3 Hospital bath basins are frequently contaminated with multidrug-resistant human pathogens

  2. O’Flynn J, Kosair Children’s Ho Patient bath basins are a potential risk factor for HAIs in acute care

  3. Anaissie EJ, Penzak SR, DIgnani C, Arch Intern 8 Jul 2002; 162(13): 1483-92

  4. Bryant RA, Rolstad BS, OstWound Mgmt. June 2001;47(6):18-27

  5. Best Practice Recommendations for the Prevention and Treatment of Skin Tears By Kimberly LeBlanc, Dawn Christensen, Heather L. Orsted, David H. Keast, WoundCare Canada Volume 6, Number 1, 2008

  6. Extrait de ACTUALISATION DES PRÉCAUTIONS STANDARD – HYGIÈNES – VOLUME XXV – N° HORS SÉRIE – JUIN 2017.

  7. Synthèse de Évaluation des pratiques d’utilisation des gants de soins au cours d’actes de nursing – L. Thiriet, K. Jeunesse, A. Gizzi, B. Ibarissène Unité d’hygiène hospitalière – Centre hospitalier – Sedan – HYGIÈNES – 2011 – Volume XIX – n° 5

  8. Davanzo E, Frasson C, Morandin M, Trevisan A. Occupational blood and body fluid exposure of university health care workers. Am J Infect Control 2008; 10: 753-756

  9. Extrait de Delpech, Laura ; Dubaele, JM ; Dupuis, C ; Guyot, F ; Evrard, MP ; Ducrocq,

    MA ; Dubois, C ; Belmekki, M Hygiènes. 2012/09; XX (4) : 237-240.

  10. Scand J Caring Sci; 2014 – Elderly patients’ and nurses’ assessment of traditional bedbath compared to prepacked single units, Lis Horstmann Nøddeskou,  Lars E. Hemmingsen, Britta Hørdam

  11. International Journal of Nursing Studies, Volume 52, Issue 1, January 2015, Pages 112-120 , Cost-consequence analysis of “washing without water” for nursing home residents (Schoonhoven L, van Gaal BG, Teerenstra S, Adang E, van der Vleuten C, van Achterberg T).